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| < L'Hindouisme |
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Posted:
03/03/2007 15:07:25
L'Hindouisme -->
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Arrangeur
Joined: 03 Mar 2007
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L'Hindouisme est apparu aux alentours de 2000 à 2500 ans avant J-C sur les rives de l'Indus au Nord de l'Inde ce qui en fait la plus ancienne parmi les principales religions du monde.
Contrairement à d'autres religions, l'Hindouisme n'a pas de fondateur précis mais se base sur la "shruti" (révélation), délivrée par Brahma (Divinité suprême) aux "rishis" (sages) légendaires, dépositaires du savoir sacré, avec, comme devoir, de le transmettre à leur tour aux hommes.
Il faut tout de même préciser en premier lieu que ces textes, qui véhiculent les valeurs de l'Hindouisme, se sont transmis de génération en génération par voie orale dès leurs débuts, et ce, pendant une période indéterminée jusqu'à ce qu'ils furent officiellement codifiés dans des textes écrits mais bien plus tard. Ces textes, ou recueils de textes sacrés, sont au nombre de 4 :
- les 4 Védas,
- les 108 Upanishads,
- les 18 Puranas
- et le Mahabarata qui contient le fameux Bhagavad Gita.
Les Védas (connaissances) sont les plus anciens (1800 avant J-C) et sont considérés comme la première ébauche de ce que l'ont pourrait qualifier d'encyclopédie de par le regroupement de tout le savoir disponible à l'époque.
Ces textes qui sont à la base de la littérature indienne traitent de sujets aussi divers que l'astronomie, la médecine, les rituels religieux, l'organisation de la société et comment ceux-ci se lient à la vie spirituelle de l'humanité. Enfin, selon la mythologie védique, c'est par la musique que Brahmâ a créé l'univers.
http://www.amma-europe.org/french/message/060816veda.htm
Les Upanishads font directement suite aux Védas et consistent en une série de spéculations et réflexions philosophiques sur tel ou tel texte védique comme un gourou (maître) le ferait avec son élève.
http://varenne.tc.columbia.edu/jv/mahanarayana/mahanarayana.html
Les Puranas sont un groupe de textes composé entre 400 et 1000 ans avant notre ère, écrit dans un style épique et célébrant la création de l'Univers et de l'Homme avec une forte consonnance mythologique. Au nombre de dix-huit, dont six sont destinés à ceux qu'enveloppe l'ignorance, six autres à ceux que domine la passion et les six derniers à ceux que gouverne la vertu.
http://www.cosmovisions.com/textPuranas.htm
Enfin le texte unanimement reconnu par tous les Hindous est le Bhagavad Gita contenu dans le Mahabarata, qui est est une épopée sanskrite de la mythologie hindoue qui dénonce le vice, en particulier, le jeu et le pari ; analogue par sa taille (plus de cent vingt mille strophes) et sa portée religieuse à la Bible des chrétiens. Il est souvent considéré comme le plus grand poème jamais composé (250 000 vers). La Bhagavad Gita ou "Chant Céleste" est un dialogue poétique entre Krishna en personne (Incarnation de Vishnou) et Arjuna le Pandava sur le champ de bataille où se déroule la guerre, opposant à la suite d'un pari, deux "superpuissances" de l'époque les Pandavas et les Kauravas.
http://www.theosophie.asso.fr/Web03/BG/bg-1.htm
http://www.syti.net/BhagavadGita.html
La base de l'Hindouisme repose sur la "conscience de soi", en 2 sens: le soi "individuel", et le Soi "universel". Le soi individuel est l'image de soi-même au sens propre : honnêteté, avidité, sincérité, cruauté, hypocrisie, charité et tant d'autres. Ce soi individuel est l'âme conditionnée par la matérialité: la passion et l'ignorance. Il débouche sur un comportement déterminé par le regard des autres et par les sentiments futiles. Pour l'Hindou, les sentiments futiles qui provoquent la passion et l'ignorance sont :
- l'amour particulier (amour ressenti exclusivement pour la famille et amis) - et l'amour superficiel (désir d'argent, de pouvoir, d'esthétique).
Le Soi universel, quant à lui, est la question du rôle de l'homme dans le monde, savoir pourquoi il vit. C'est ici qu'interviennent les divinités qui guident les croyants vers leur destin. Il y a ici un rapport étroit avec le "soi individuel". L'Hindou doit passer du soi individuel au Soi universel. (On dit "soi", car il n'existe pas de "moi" et de "mien", ce qui insinuerait qu'il y ait une personnalité et possession. Or, les êtres vivants sont en constante réincarnation, et ne sont donc pas intègres ; par conséquent ils ne peuvent rien posséder. C'est pourquoi on fait référence au "Soi", infime partie de Dieu qui réside dans chaque être vivant).
Le but de tout Hindou est alors le suivant: atteindre le Nirvana, c'est-à-dire l'extinction complète de l'âme, pour ne plus revenir souffrir dans ce monde. Pour ce faire, il faut atteindre le Soi universel à travers l'amour universel d'une part, qui s'applique à toute la nature (et non à travers l'amour particulier, qui concerne un cercle de personnes), et d'autre part à travers l'apaisement des désirs futiles. On à donc affaire ici à une religion anti-matérialiste.
P.S. : les liens en vigueur sur cette page sont destinés à un approfondissement des connaissances concernant tel ou tel sujet mais ne sont en aucun cas des fins en soit.
J'espère que cela vous aura plu!  |
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Posted:
03/03/2007 15:16:32
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Graviton
Joined: 03 Mar 2007
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Très intéressant. Mais par contre, il faut bien comprendre que le terme hindouisme est un terme apparu au XVIIIème S. On ne peut pas parler d'une religion commune indienne, mais de plusieurs religions, même si elles ont des textes communs. Tout comme il est difficile de parler d'un yoga ou d'une pensée indienne. Il est plus juste de parler de plusieurs pensées indiennes. Mais comme dit, il est possible de tirer des éléments communs, comme la constatation de la souffrance, etc.
Ce que je trouve toujours très intéressant et mystérieux, ce sont les rishis, les voyants. On peut faire la supposition que la religion védique est une subsistance de la civilisation de l'Indus, Mohenjo Daro et Harappa. On trouve dans les vestiges des traces des premières postures de yoga.
| Quote: | | La base de l'Hindouisme repose sur la "conscience de soi", en 2 sens: le soi "individuel", et le soi "universel". |
Et c'est là aussi où il y a le plus de dissension car chaque tradition va définir brahman de façon différente.
Pour finir, il faut bien comprendre que souvent les textes qui nous viennent des pensées indiennes sont colorés par la tradition du traducteur. Ainsi, des mêmes textes yogiques n'ont pas le même sens, selon la tradition.
J'ai fait d'ailleurs un article sur les origines du yoga et de la base des spiritualités indiennes. http://www.arbre-de-bo.com/origines.htm |
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Posted:
03/03/2007 15:19:50
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Accordeur
Joined: 02 Mar 2007
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Oui, c'est tout à fait juste car c'est aisément vérifiable. Mais ceci m'amène à penser quelque chose : connais-tu une même expérience décrite par deux personnes, exactement de la même façon ?
Ce que je veux dire, c'est que bien qu'il soit louable de montrer les distinctions (pour éviter les confusions et les conclusions hâtives), elles peuvent, chez certains en tous cas, provoquer des embarras paralysants... Un peu du genre : - Ah, ben si personne n'est d'accord, alors...
Et ce serait dommage d'en tirer de telles conclusions.
Je pense donc nécessaire d'ajouter que ces distinctions ne sont pas si importantes car il y a des expériences vécues derrière toutes ces diverses traditions. Donc nous aussi, quand nous parlerons de nos expériences, nous dirons autre chose... Et ceci, cette remarque "est très indienne" car en Inde, on n'est absolument pas choqué de créer autant de divinités qu'il existe d'aspect du divin. Par exemple, sur Stellaris, on pourrait invoquer le dieu du son ou du mantra... On devrait alors distinguer cette divinité d'une autre. Mais l'une ne chasse pas l'autre comme sur l'échiquier d'un jeu d'échecs.
Je ne dis absolument pas cela pour Yog car les précisions de cette nature, les distinctions, ont aussi un grand bénéfice : nous rappeler que peut-être, des sources plus anciennes existent pour nous dire autre chose de plus profond, de plus essentiel, encore.
Je dis cela pour souligner que jamais 2 sensibilités sont identiques face à la même expérience. Les mots sont des conventions qui donnent l'illusion que nous nous accordons. Prenons un simple exemple : "Je t'aime". Deux personnes se disent "Je t'aime". On pourrait conclure : elles disent la même chose, donc elles pensent la même chose... Mais est-ce vrai ? A peut dire "je t'aime" pour signifier qu'il trouve belle sa partenaire, qu'il la désire, la trouve à son goût. B peut dire "je t'aime" pour signifier une confiance profonde en A qui entraînera des rêves d'avenir en commun. Or A et B ne vivront peut-être jamais ensemble... Car ce "je t'aime", ces mots communs, n'avaient pas la même signification pour A que pour B.
En philosophie du langage, on en arrive à constater que même une couleur, sa dénomination, est encore une convention de ce type. Certains disent "vert" pour ce qui est "bleu" pour un autre... Et quand on s'accorde sur le "rouge", de quelle teinte parle-t-on au juste, très précisément ?
Bref, nous pensons, nous croyons vivre dans UN monde en commun. Ceci est une illusion. Nous vivons chacun dans un monde, selon notre perception, notre sensibilité et tout notre bagage du vécu passé. Dès lors, il est tout à fait naturel que personne ne s'accorde totalement sur une expérience métaphysique, puisqu'il en va de même pour une expérience physique ou de ce monde ci avec les couleurs ou les "je t'aime".
Ainsi, je crois qu'il faut être "très en paix" avec cette apparence de confusion (surtout avec l'Inde...) car si à la base, tout semble se contredire, au sommet, tout se simplifie. Et cela parce que les mots ne peuvent plus suivre la route mystique... ils sont largués... On en revient aux états mystiques qui transcendent l'univers du mental rationnel. Une chose et son contraire peuvent être unies dans ces états mystiques. Or dans le langage, et surtout pour la raison logique, cela ne peut pas être.
De ce fait, il existe en quelque sorte 2 mondes : celui des oppositions et celui des juxtapositions. Celui des affrontements et celui des réconciliations. Comme il existe 2 temps : celui des croyances, des débats théoriques, des spéculations hasardeuses, et celui des expériences vécues corroborées.
Le mystique authentique ne cherche plus à opposer ce qui est uni. Car il ne s'attache plus aux apparences formelles. En physique quantique, on en arrive au même constat, l'oiseau sur la branche ne sont plus 2 réalités différentes, ce sont les mêmes briques élémentaires et des forces cosmiques les unissent comme un mariage, une célébration émouvante.
Les mystiques et les physiciens de l'infiniment petit pulvérisent le jeu des distinctions formelles. Pour un physicien du monde quantique, le vide est plus réel que cette illusion du tangible, du tactile.
Alors, toute perception et tout langage partent "d'un lieu", d'une position. Celui qui est sur la montagne et celui qui est au bord de mer ne voient pas du même regard le village qui les sépare. De même qu'Einstein a démontré la relativité du temps pour le voyageur lent et le voyageur rapide en mouvement.
Bref, ces jeux d'oppositions appartiennent à la confusion de la matière. Et l'intérêt dans ce labyrinthe des pensées est de trouver le fil d'Arianne qui nous fait quitter la caverne platonicienne et ses ombres tranchées. Car la voie unificatrice est possible, moyennant tout ce qu'il faut mettre en oeuvre pour ne plus céder aux penchants "du bas", où tout s'oppose...
En quelque sorte, c'est ici l'inverse de la Tour de Babel : en bas, chacun parle un langage différent... Et au fur et à mesure que l'on s'élève, le langage devient commun... Ce serait "la tour d'Héraclite" car il aimait dire que les éveillés vivaient dans un même monde... alors que les endormis vivaient chacun dans un monde différent.
Au sommet de cette tour d'Héraclite, on peut entendre les mélodies célestes puisque la musique est un langage universel. Transposées en mots, ces mélodies seraient aussi incompréhensibles que les langues diverses de la Tour de Babel.
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Posted:
03/03/2007 15:20:39
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Graviton
Joined: 03 Mar 2007
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| Quote: | | Ce que je veux dire, c'est que bien qu'il soit louable de montrer les distinctions (pour éviter les confusions et les conclusions hâtives), elles peuvent, chez certains en tous cas, provoquer des embarras paralysants... Un peu du genre : - Ah, ben si personne n'est d'accord, alors... |
En fait, lorsqu'on commence à étudier l'Inde en se voulant très méthodique, on se retrouve avec une multitude de voies. Je ne sais pas si elles vont toutes dans la même direction, mais ce qui est intéressant est de voir la multiplicité des chemins. Ainsi, il est possible à chacun de trouver une voie selon sa sensibilité. Mais si on commence à ne pas être méthodique, alors c'est là que la confusion commence. Prenons tout simplement le terme brahman. Bien que ce soit un terme central de l'Inde, il n'existe que très peu de temples qui lui sont dédiés. (si j'ai bon souvenir, il n'y en qu'un) Pourquoi ? Tout simplement parce que le terme brahman n'avait pas de rôle de divinité à la base. Il "définissait" l'insondable, l'indéfinissable et non une divinité. Mais si on va plus loin dans l'histoire de l'Inde, on va être confronté à une personnification divine. Il y a de quoi y perdre son sanscrit. :lol!:
Mais au-delà de l'embarras paralysant, celui-ci peut justement être l'occasion de transcender les différences afin de s'y retrouver dans cette jungle.
Maintenant, à mon avis très personnel, je pense qu'au début des spiritualités, il n'y avait pas de notion de personnifications divines. Si on prend les textes très anciens, on ne trouve pas tellement l'accent mis là-dessus. Puis la Bhakti, la dévotion est venue prendre une place très importante en Inde. Je précise que la bhakti est une voie qui ne me convient pas du tout, car à mon sens, trop proche du christianisme. J'aimerai d'ailleurs connaitre un peu plus sur tout ça... il faudra qu'un jour je prenne le temps de voir avec plus de précisions la montée de la bhakti et une éventuelle influence chrétienne. (encore qu'il me semble qu'il y a introduction de l'Islam à un moment en Inde, ce qui pourrait aussi expliquer certains éléments)
Bon cela dit, je comprends très bien que trop d'informations peuvent paralyser la démarche, mais trop la simplifier risque aussi de passer à côté de subtilités très intéressantes. |
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Posted:
03/03/2007 15:21:25
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Arrangeur
Joined: 03 Mar 2007
Posts: 25
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Tu a eu totalement raison d'apporter ces quelques précisions qui nous éclairent sur le fait que la religion hindoue (si elle existe vraiment) n'est pas une mais multiple. Il est vrai que les Hindous se basent sur un certain nombre de textes mais c'est dans la pratique que les comportements diffèrent. En effet, certains suivront à la lettre les interdits de toutes sortes, alors que d'autres considèreront qu'il serait dommage de ne pas profiter de tout ce que Brahma a mis à leur portée. Ces exemples illustrent la diversité à l'oeuvre dans la civilisation indienne qui résulte de l'assimilation et la cohabitation d'une multitude de peuples, qui ont fait de la différence une richesse et non pas une source de dissension, ce que je trouve tout à fait louable et dont on devrait s' inspirer aujourd'hui sous nos latitudes.
En résumé, à partir d'un nombre limité d'écrits, l'Hindouisme permet à chacun, selon son point de vue et son vécu, de trouver un intérêt, ainsi le nombre considérable de divinités illustre cette vision qui entrevoit dans chacune d'elles une voie, un sentier nous conduisant à la source de toute la Création quelle que soit son appellation. |
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Posted:
03/03/2007 15:22:24
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Accordeur
Joined: 02 Mar 2007
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Quand je parlais de contemplation, récemment (dans le sujet : "Evasion de l'esprit pur", message n°5), en effet, je faisais allusion au bhakti... ce qui n'a pas échappé à Yog... :!:
Personnellement, je ne crois pas qu'il y ait un rapport ou une influence directe avec le christianisme, même avec celui des origines. Le "Christ biblique" ne demandait pas un esprit de dévotion de ce type... Mais "le Jésus historique" qui s'en est allé en Inde ? Là, je ne sais pas... Ici, je distingue le Jésus biblique et donc le christianisme proprement dit, du Jésus dont on a des traces en Inde. Son enseignement ayant été oral, on ne peut ni infirmer, ni confirmer...
Pourquoi est-ce que je ne crois pas à une telle influence dans les dogmes du christianisme établis ? Parce que dans le bhakti yoga, on peut adorer n'importe quelle image de la divinité, ça n'a aucune importance car c'est l'amour qui permet de transcender l'ego sans en faire un obstacle, mais un marche-pied. Imagine un peu ce qu'en dirait le christianisme ! N'oublie pas comment les gnostiques ont été pourchassés et massacrés pour aimer un autre aspect de Jésus... par les chrétiens eux-mêmes... (c'est rapidement brossé car tous se jugeaient chrétiens revendiquant sa parole sacrée...)
"Quel dieu, quel isha le bhakta va-t-il choisir pour objet de son adoration ? Il semble qu'à une seule exception près, son choix soit absolument libre. Adorez le Dieu que vous voudrez ! Peu importe le nom que vous donnerez à Dieu, l'aspect sous lequel vous vous le représenterez, l'essentiel est que vous l'aimiez de tout votre coeur et de toute votre âme, et que vous tendiez vers lui toutes les forces de votre être pour vous rapprocher de lui".
(Jean Herbert, Spiritualité hindoue, Bhakti yoga, Albin Michel, 1947, 1972, p. 466)
Non, je crois qu'on s'égare à vouloir trouver de telles influences (aussi bien chrétiennes qu'islamiques). Mais il est pertinent de faire des comparaisons sous ce rapport de l'amour, bien entendu. Et d'ailleurs nombreux sont les auteurs qui le font et émettent même cette hypothèse. Mais cela n'est pas bien fondé :
"Nous voyons que cette attitude se rapproche beaucoup de celles auxquelles nous a habitués le Christianisme. Nous nous sentons sur un terrain beaucoup plus familier que dans le Jnana-Yoga. Et nos orientalistes n'ont pas manqué d'en conclure que l'Hindouisme révélait par là l'effet d'une influence, d'une infiltration chrétienne ; ils se sont efforcés de rajeunir tous les textes classiques de la bhakti, y compris la Bhagavad-Gitâ. Cette supposition était d'autant plus indiquée que les bhaktas de l'Inde, restant intégralement libres dans leur choix de Dieu personnel, peuvent adopter une conception de la divinité qui soit étrangère à l'Hindouisme, et en particulier une conception chrétienne, Jésus enfant, par exemple". (idem, p. 467)
Ce lien s'est donc opéré par la suite car il était sûrement utile, fécond à faire.
"Pourtant si l'on regarde les choses d'un peu plus près, on doit bien reconnaître que la thèse d'après laquelle la bhakti serait d'origine chrétienne n'est pas fondée. La foi dans l'efficacité de l'adoration de Dieu personnel se manifeste déjà dans un grand nombre d'hymnes védiques adressés à Varuna, à Savitri, à Ushas, et même à Indra, à qui les rishis offrent non seulement des sacrifices rituels, mais un véritable amour passionné". (Idem, p. 468)
* * *
Il existe une belle étude sur la Bhakti, un texte traduit et commenté par Lilian SILBURN :
"Etude sur le Shivaïsme du Kashmir, La Bhakti", Paris, Collège de France, Institut de Civilisation Indienne, 1979
Mais concernant son origine historique, c'est flou... On a très peu d'éléments. Il était mentionné dans les Agama shivaïtes (verset 121) mais le terme "bhakti" n'apparaît pas dans les Shivasutras, ni dans la Spandakarika... En revanche, "la voie de l'amour intense" existait, sans porter ce nom...
Cette étude n'est donc pas consacrée à une enquête historique mais plutôt au contenu même de cette pratique dévotionnelle. |
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Posted:
03/03/2007 15:30:52
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Graviton
Joined: 03 Mar 2007
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Merci pour ces précisions.
En fait, comme tu l'évoques, je crois que le fait que nos universitaires mettent peut-être l'accent sur la bhakti donnent une image déformée des réelles pratiques en place.
Patanjali décrit aussi la dévotion comme un moyen de parvenir au samâdhi. Isvara-pranidhâna, l'abandon à îsvara est souvent perçu comme une invitation à la dévotion, même si on peut le comprendre aussi différemment. Mais là c'est encore un autre sujet.
Les différentes pratiques de l'Inde restent sous fortes influences yogiques. En fait, la voie dévotionnelle, en ayant à l'esprit uniquement l'adoration d'un dieu (ou déesse), permet de mettre fin à la dispersion mentale et donc d'atteindre une forme de samâdhi. Toutefois, ça reste un samâdhi avec germe et si on ne dépasse pas ce stade, si on reste attaché au germe, alors il n'est pas possible d'atteindre le stade suivant du samâdhi.
En tout cas, tu dois probablement avoir raison sur le fait que le christianisme n'a dû avoir que très peu d'influence en Inde. D'ailleurs, si je me souviens bien, avant l'ère chrétienne, l'Inde avait déjà tracé les grandes lignes de ses spiritualités. |
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03/03/2007 15:31:43
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Accordeur
Joined: 02 Mar 2007
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Tu es en voie de devenir un vrai spécialiste, toi...
Il va falloir que tu fasses un petit séjour là-bas... car ça risque de te plaire encore plus...  |
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Posted:
03/03/2007 15:32:32
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Graviton
Joined: 03 Mar 2007
Posts: 25
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Oh, je suis quelqu'un de très sédentaire, je ne bouge vraiment pas beaucoup. J'utilise donc mon esprit, l'expérience de pensée comme disent les scientifiques, afin d'établir des choses. Avant de devenir un spécialiste, j'ai encore beaucoup de boulot. Mais j'ai la chance d'avoir des amis très expérimentés qui savent me prodiguer des conseils précieux.  |
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Posted:
03/03/2007 15:33:22
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Accordeur
Joined: 02 Mar 2007
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Oui, je comprends. Eh bien ça me rappelle "L'Autobiographie d'un yogi" : Paramahansa Yogananda voulait tout faire pour rejoindre l'Himalaya... et c'est la montagne qui est venue à lui... chez lui... Car l'altitude est spirituelle... pas ailleurs !
Donc tu es à la bonne place, Yog ! :lol!: |
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