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03/03/2007 14:12:14
Steve Reich -->
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Accordeur
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Steve Reich
Steve Reich est souvent considéré comme une des figures les plus représentatives du courant musical américain que l'on dit " minimal " ou " répétitif " dans lequel on a également coutume de classer La Monte Young, TerryRiley, Philip Glass. Cependant, si l'on parcourt l'ensemble de l'oeuvre du compositeur depuis 1963 jusqu'à aujourd'hui, il est évident que cette étiquette, si elle n'est complètement erronée, est du moins trop réductrice. D'ailleurs, contrairement à Philip Glass, Reich n'emploie pas ces deux termes pour qualifier sa musique.
Il est né à New York le 3 octobre 1936, fils de Leonard Reich et de June Sillman (une chanteuse et compositeur pour des spectacles de Broadway). Ses parents se séparent après un an de mariage et, alors qu'il est âgé de cinq ans, la mère de Steve se remarie; il sera donc élevé par une
Irlandaise,Virginia (voir Different Trains) chez son père. Il prend à l'âge de sept ans, sans grande conviction, des cours de piano. Son attention se porte plus volontiers sur la musique populaire et les grands classiques fredonnés par sa mère.Sous les conseils d'un ami, il découvre aux débuts des années 50 Igor Stravinsky (Le Sacre du printemps) et J. S. Bach (Concertos brandebourgeois), puis viendront B. Bartók et A. Webern. C'est un autre de ses amis qui l'introduit dans l'univers du jazz (Charlie Parker et Miles Davies); ensemble ils décident de fonder un groupe de jazz, Steve en sera le batteur. Il travaillera alors consciencieusement la percussion pendant trois ans avec Roland Kohloff (qui fera partie du New York Philharmonic). Il étudie la philosophie à la Cornell University, et notamment l'oeuvre de Wittgenstein. Diplômé en 1957, il renonce à une carrière universitaire pour aller étudier à New York à la Juillard School of Music. Il prend des leçons particulières avec Hall Overton (1957-1958), un pianiste virtuose de jazz mais aussi de musique contemporaine.
De 1958 à 1961, il étudiera donc la composition dans les classes de William Bergsma et Vincent Persichetti et c'est à la Juillard qu'il fera la connaissance de Philip Glass. Il assiste parallèlement aux concerts du New York Philharmonic et du Juillard String Quartet. En 1960, il se marie une première fois. Un fils, Michael, naît en 1962, un an avant la séparation du couple. En 1961, il s'inscrit au Mills College (1961-1963), à Oakland, près de San Francisco, où il suit les cours professés par Darius Milhaud et surtout Luciano Berio avec lequel il analysera des compositions atonales (de B. Maderna, A.Webern, P. Boulez...). Ces dernières, même si elles suscitent son intérêt, rencontrent chez Reich une résistance évidente parce qu'il les jugent trop complexes pour être perçu par l'auditeur.
En 1963, Reich commence à fréquenter le San Francisco Tape Music Center dont les recherches principales se font autour de la musique dite concrète et électronique. Il découvre le cinéma expérimental et plus particulièrement celui de Robert Nelson pour lequel il écrira deux pièces ; pour le film intitulé The Plastic Haircut, Reich compose en fait sa première oeuvre pour bande, qui est une simple accumulation de boucles. Sa seconde collaboration musicale avec Nelson date de 1964, pour le film Oh Dem Watermelons. C'est cette même année qu'il compose et interprète lui-mêmeMusic for Piano and Tape dans l'auditorium du Tape Music Center.En 1964, il collabore en tant que pianiste à la première de In C de Terry Riley en compagnie de musiciens tels que Ramon Sander, Pauline Oliveros et Morton Subotnick. Il contribue à la réussite de cette oeuvre fondatrice de la musique répétitive en suggérant l'introduction d'une pulsation rythmique régulière et clairement marquée. Il effectue par ailleurs des travaux et des recherches portant sur des procédures de déphasages graduels de boucles de bande magnétique comportant un même enregistrement de paroles, qui aboutiront à des oeuvres telles que It's Gonna Rain (1965) et Come Out (1966). 1965 marque le retour de Steve Reich à New York.
En 1966, il se rend vite compte que la constitution d'un ensemble de musiciens à géométrie variable et flexible disposés à interpréter ses oeuvres est une priorité : il fonde alors le Steve Reich and Musicians s'impliquant lui-même aux côtés de ces derniers au clavier et à lapercussion. Passionné par les poèmes de William Carlos Williams, Charles Olson et Robert Creelay, il essaie vainement de les mettre en musique. Il compose successivement Piano Phase pour deux pianos(1967), Violin Phase pour violon et bande magnétique (1967), Four Organs et Phase Patterns pour quatre orgues électriques (1970). Il se tourne vers des musiques d'Afrique ou de Bali qu'il étudie parfois sur le terrain. Ainsi, bénéficiant d'une bourse d'étude, il se rend en été 1971 à Accra, capitale du Ghana, pour suivre l'enseignement d'un maître tambourineur de la tribu Ewe, Gideon Alorworye. Chaque leçon est enregistrée, décryptée afin de transcrire les motifs récurrents mais complexes des intruments et leur combinaison. Ainsi, c'est surtout sur le plan de l'organisation formelle et non sur celui de l'expressivité sonore que ces musiques ont été fructueuses pour Reich. Drumming pour tambours accordés, marimbas, glockenspiels, voix, sifflement et piccolo (1971) a été composée après son séjour en Afrique et compte parmi ses réussites les plus marquantes.
Durant deux étés (1973 et1974), il étudie le gamelan de Bali avec Nyoman Sumandhi, à Seattle et en Californie (Berkeley). 1974 est l'année de : la parution de ses Writings about Music (Écrits sur la musique), recueil d'essais, de notes de programme sur ses compositions et la musique (et la danse !) en général. Sa rencontre avec la plasticienne et vidéaste Beryl Korot qu'il épousera le 30 mai 1976. son retour au judaïsme : il apprend l'hébreu et étudie également la cantillation biblique à New York en1976 puis à Jérusalem en février 1977, ce qui finira par déterminer l'orientation de son art. Il sera successivement lauréat du National Endowment of the Arts en 1974 et 1976, du New York State Council of the Arts, du Guggenheim Fellowship en 1978, de la Rockefeller Foundation, il est nommé, en 1974, artiste en résidence à Berlin. Les commandes d'oeuvres et les propositions se multipliant, le Steve Reich and Musicians donne de nombreux concerts. Reich s'engage alors dans de nouvelles voies, dont l'une des plus déterminantes sera une substitution progressive des battements aux soupirs, dans un cycle rythmique se répétant indéfiniment. Ainsi, Clapping Music (1972) marque la fin de son recours au processus de déphasage progressif. A des recherches d'alliages de timbres d'un grand raffinement va s'ajouter une complexité structurelle croissante restant, toutefois, perceptible par l'auditeur. Six Pianos (1973) et Music for Pieces of Wood (1973), Music for Mallet Instruments, Voices and Organ (1973), Music for 18 Musicians (1976), Music for a Large Ensemble (1978), Octet (1979), Variations forWinds, Strings and Keyboards (1981) et Sextet (1986) témoignent de cette évolution. Il écrit, par ailleurs, des oeuvres destinées à de grandseffectifs : The Desert Music, sur un poème de William Carlos Williams, pour un orchestre de 89 musiciens et un choeur de 27 voix (1984), Three Movements pour orchestre symphonique et ensemble de percussions (1986), et The Four Sections (1987), composition articulée autour des quatre sections de l'orchestre symphonique : les cordes, les percussions, les bois et les cuivres. Dans Tehillim, qu'il écrit en 1981 et qui marque un tournant dans sa démarche, il articule les composantes de sa musique autour de textes hébraïques. En 1988, il compose Different Trains pour quatuor à cordes et bande magnétique. Il utilise dans cette piècedes extraits d'enregistrement de témoignages qu'il a recueillis; la mélodie des intonations des paroles est immédiatement reprise par les instruments du quatuor en autant de " portraits musicaux " des personnes interrogées. Un concept qui trouvera un large épanouissement dans The Cave, le spectacle multimédia qu'il réalisera en 1993, en collaboration avec Beryl Korot, sur lethème du caveau des patriarches d'Hébron dont la création mondiale aura lieu à Vienne le 15 mai 1993.
Dans City Life (commande de l'Ensemble Modern, du London Sinfonietta, et de l'Ensemble InterContemporain) pour deux flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux pianos, deux synthétiseurs numériques, trois ou quatre percussions et un quatuor à cordes, qui fut présentée à la Cité de la Musique en mars 1995 après sa création mondiale à l'Arsenal de Metz, le compositeur étend la notion de " portrait musical " - la reprise de la mélodie des paroles par les instruments - jusqu'aux phonèmes des exclamations et aux bruits de l'environnement des agglomérations dans lesquelles nous vivons aujourd'hui. Une première version de Proverb, une oeuvre écrite pour cinq voix, deux claviers et deux percussions basée sur un texte de Ludwig Wittgenstein a été présentée au Royal AlbertHall de Londres en septembre 1995. L'oeuvre définitive est créée par le Steve Reich and Musicians en collaboration avec le Theater of Voices sous la direction musicale de Paul Hillier au Lincoln Center le 10 février 1996. L'année 1997 restera marquée par la présentation du premier acte de son nouvel opéra-vidéo documentaire, Three Tales, dont l'intégralité devrait être créée en 2001. Chacune des trois parties de cette nouvelle collaboration avecBeryl Korot illustre un événement qui a marqué le XXème siècle dans les domaines scientifiques ou technologiques en s'appuyant sur des documents d'actualité cinématographiques. Plus largement, l'oeuvre aborde la question inévitable posée par les développements considérables dans ces domaines depuis l'après-guerre, leurs applications et l'encadrementspirituel et éthique qu'il faudrait leur adjoindre.Reich a choisi de figurer chaque individu de notre humanitépar des enfants perdus dans un monde devenu hostile et incompréhensible. Le premier volet intitulé Hindenburg (présenté le 2 octobre 1997 au Théâtre du Châtelet dans le cadre du Festival d'Automne de Paris) délimite le contexte historique : Paul von Hindenburg, président de la république de Weimar, nomma Hitler chancelier du Reich en 1933 ; le zeppelin géant qui portait son nom explosa en 1937 aux États-Unis. Le deuxième acte s'intitulera Bikini (de l'atoll atomisé en 1946 au maillot de bain éponyme) et, enfin, le troisième Dolly (référence évidente à la première brebis née par clonage en Écosse en 1997).
Catalogue des oeuvres Par l'ircam
Musique vocale et ensemble
Music for Eighteen Musicians 1974-1976 55' Boosey & Hawkes
Proverb 1995 14' Boosey & Hawkes
Tehillim 1981 32' Boosey & Hawkes
The Cave, documentary video opera in three acts, in collaboration with video artist Beryl Korot 1990-1993 142' Boosey & Hawkes
The Desert Music, version de chambre 1984 50' Boosey & Hawkes
Musique orchestrale
City Life 1995 24' Boosey & Hawkes
Musique de chambre
Clapping music, pour 2 percussions 1972 5' Universal Edition
Different Trains, pour quatuor à cordes et bande magnétique 1988 27' Boosey & Hawkes
Music for Pieces of Wood 1973 13' Universal Edition
Musique soliste
New York counterpoint, pour clarinette et bande 1985 12' Boosey & Hawkes
Vermont counterpoint, pour flûte et bande 1982 10' Boosey & Hawkes
Musique pour bande seule
Come out, pour bande magnétique 1966 13' Boosey & Hawkes
It's Gonna Rain, pour bande magnétique
Livres :
Writings on Music
Four Musical Minimalists avec Terry Riley, Steve Reich, Philip Glass
Sites internet :
http://www.stevereich.com/
Ircam :
http://mac-texier.ircam.fr/textes/c00000078/
New consonant music :
http://www.newconsonantmusic.com/resources/essays/ml_reich.html |
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Posted:
03/03/2007 14:12:52
Steve Reich -->
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Accordeur
Joined: 02 Mar 2007
Posts: 797
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Je l'écoute très souvent en travaillant, ça me permet de réfléchir avec plus d'élan... Son travail est remarquable et aussi très original... :heart:
Au début de ses recherches, on le prenait pour un fou... avec ses boucles répétitives... :joker: |
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Posted:
18/04/2007 09:54:00
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Fifty Fifty
Joined: 16 Apr 2007
Posts: 96
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Jamais totalement accroché pour ma part, même si je le préfère à Glass, en matière de musique répétitive je préfère des gens comme David Bedford, Costin Miereanu ou Morton Feldman...
J'aime assez John Adams aussi mais pas tout. _________________ La boutique des chants éthérés |
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Posted:
16/11/2008 18:53:02
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Accordeur
Joined: 02 Mar 2007
Posts: 797
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L'oeuvre de Steve Reich en Belgique avec l'ensemble Ictus / et à Saint Nazaire
Le 15 et 16 novembre et du 18 au 22 novembre 2008, Bruxelles, Kaaitheater
avec La Monnaie | De Munt
Avec Rosas : Steve Reich Evening
Chorégraphie d'Anne Teresa De Keersmaeker
Musique de Steve Reich jouée live sur le plateau
Drumming-Part One, Eight Lines, Piano Phase, Four Organs, Violin Phase, Music for Pieces of Wood, Pendulum Music
Choreographed by Anne Teresa de Keersmaeker
Rosas, Ictus Ensemble ballet titled 'Steve Reich Evening'
Kaaaitheater/de Munt
Brussels, Belgium
Avec Rosas : Steve Reich Evening
Chorégraphie d'Anne Teresa De Keersmaeker
Musique de Steve Reich jouée live sur le plateau
Un parcours à travers l'oeuvre de Steve Reich, qui traverse les vingt-cinq années de chorégraphie d'Anne Teresa De Keersmaeker pour Rosas. Depuis les processus hypnotiques de Fase, sorte de postmodern dance chauffée à blanc, jusqu'aux savants contrepoints chorégraphiques de sa dernière période, De Keersmaeker rejoue sans cesse le même pari : croire en l'écriture et la pousser à bout - jusqu'à atteindre un point de vertige, un incalculable.
Lien : http://www.ictus.be/newsletters/saison.html
Saint-Nazaire
samedi 22 novembre 2008 18h00 - Le VIP les escales - scène de musiques actuelles.
Oeuvres de : George CRUMB, Ivan FEDELE, Steve REICH
Solistes de l'Ensemble intercontemporain
Steve REICH
Different Trains
pour quatuor ŕ cordes et enregistrement
Ivan FEDELE
Electra Glide
pour 2 violons et alto
Georges CRUMB
Black Angels
pour quatuor ŕ cordes électrifié
Solistes de l’Ensemble intercontemporain
Technique Ensemble intercontemporain
Renseignements et réservations : www.les-escales.com
18h >19h : Ensemble intercontemporain (Live)
Créé par Pierre Boulez en 1976 avec l’appui de Michel Guy, alors secrétaire d’État à la Culture, l’Ensemble intercontemporain réunit 31 solistes partageant une même passion pour la musique du XXe siècle à aujourd’hui.
Constitués en groupe permanent, ils participent aux missions de diffusion, de transmission et de création fixées dans les statuts de l’Ensemble. Placés sous la direction musicale de Susanna Mälkki, ils collaborent, au côté des compositeurs, à l’exploration des techniques instrumentales ainsi qu’à des projets associant musique, danse, théâtre, cinéma, vidéo et arts plastiques.
Chaque année, l’Ensemble commande et joue de nouvelles œuvres, qui viennent enrichir son répertoire et s’ajouter aux chefs-d’œuvre du XXe siècle. Les spectacles musicaux pour le jeune public, les activités de formation des jeunes instrumentistes, chefs d’orchestre et compositeurs ainsi que les nombreuses actions de ensibilisation des publics, traduisent un engagement profond et internationalement reconnu au service de la transmission et de l’éducation musicale. En résidence à la Cité de la musique (Paris) depuis 1995, l’Ensemble se
produit et enregistre en France et à l’étranger où il est invité par de grands festivals internationaux.
www.ensembleinter.com
Au VIP, l’Ensemble intercontemporain revient aux fondements des musiques électroniques avec un quatuor à cordes, en laissant place aux musiques minimalistes et répétitives des années 60, 70 et 80. Un événement des «Suspensions Electroniques » !
Musiciens :
Jeanne-Marie CONQUER : Violon
Christophe DESJARDINS : Alto
Hae-Sun KANG : Violon
Pierre STRAUCH : Violoncelle
http://www.ensembleinter.com/index.php |
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