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| < Abdallah Ag Oumbadougou |
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Posted:
08/12/2008 20:09:43
Abdallah Ag Oumbadougou -->
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Membre amical
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Abdallah ag Oumbadougou
Abdallah Ag Oumbadougou est une guitariste touareg né vers 1962 près d'Agadez au Niger.

C'est à 16 ans qu'il achète sa première guitare dont il apprend a jouer en autodidacte. Il compose très rapidement ses premières chansons pour la cause du peuple touareg.
Les décennies 70-80 sont marquées par une grande sécheresse et par une marginalisation croissante des Touaregs au Niger et au Mali en particulier, provoquant l'exil des jeunes Touaregs, les ishumars, vers la Libye et l'Algérie, à la recherche d'un travail et d'un avenir meilleur. Abdallah fait partie de ces exilés, et part en 1984, avec deux amis pour l'Algérie. Le voyage est périlleux, il leur faut traverser le Sahara d'Arlit jusqu'à Tamanrasset, à pied, clandestinement. Ils ont mis 27 jours et ont failli mourir de soif.
Parvenu à Tamanrasset, Abdallah trouve un travail et continue à jouer de la guitare le soir pour ses amis. Mais 7 mois plus tard, il est arrêté par la police, renvoyé au Niger et jeté en prison. Deux jours à peine après sa libération, il repart pour l'Algérie, cette fois-ci à Djanet, vers la frontière libyenne. C'est fin 1986, qu'il rejoint les camps d'entraînement de Mouammar Kadhafi où il va rester 45 jours, le temps nécessaire à sa formation et à son acceptation au sein de la Libye. Tous les soirs, il joue pour animer le camp en compagnie d'autres guitaristes. C'est la naissance du premier groupe Takrist n'Akal (signifiant Construire le pays) qui appelle à l'unité du peuple touareg.
 Takrist n'Akal aujourd'hui.
En 1987, avec la mort du général Seyni Kountché, et l'arrivée au pouvoir d'Ali Saïbou qui promet l'amnistie aux exilés, il rentre au Niger. Il est alors invité à jouer avec son groupe pour le prix Dan Gourmou. Mais trois jours après le concert, tous les musiciens du groupe se font arrêtés, et Abdallah connaît de nouveau la prison pendant 21 jours. A sa sortie, il décide de repartir pour la Libye avec un des membres du groupe, Sidi Imilawet.
En mai 1990, le gouvernement nigérien massacre des civils touaregs à Tchin-Tabaraden, et la rébellion touarègue devient dès lors inévitable. Abdallah, traversant une fois de plus la frontière, rentre alors au Niger avec des kalachnikovs et des caisses de munitions, décidé à défendre son peuple. Il rejoint d'autres combattants dans l'Aïr, à Agadog. Le groupe est attaqué par l'armée nigérienne et se replie sur Anou Malan.
Tout au long de cette période, Abdallah ne cessera de composer. Ses chants de révolte en tamachek célèbrent la nostalgie du pays, la dureté de l'exil, mais surtout ils appellent à la rébellion tous les Touaregs en état de combattre. C'est l'essence du blues touareg, mélopées envoutantes d'une musique traditionnelle reprise à la guitare électrique ou sèche.
Voici une de ses chansons, Imidiwan.
Pendant toute la période de la rébellion, ses compositions sont interdites par le gouvernement nigérien. Toute personne prise avec une de ses cassettes risque la prison, voire la peine capitale. Pourtant ses enregistrements circulent clandestinement à travers tout le pays touareg, dans les campements et les camps de réfugiés.
Avec la signature des accords de paix le 24 avril 1995, Abdallah rentre officiellement au Niger. Une foule l'attend à l'aéroport de Niamey pour l'acclamer. Il donne alors un grand concert au Palais des Congrès de Niamey.
En 1995, il sort également son premier album, financé par Maman Abou et enregistré au Bénin, à Cotonou. En 2002, c'est la sortie d'Imawalen, album enregistré à Niamey. En 2005 il sort Afrikya, disponible au Niger.
Depuis, Abdallah utilise sa notoriété pour préserver la culture touarègue. Il a ainsi fondé l'association Takrist n'tada, qui défend les droits des jeunes artistes et construit des écoles de musique pour apprendre aux jeunes filles à manier l'inzad, une vielle monocorde traditionnelle touarègue. Il a également construit deux écoles : une première à Arlit, en 2000, et une seconde en 2003 à Agadez.

En 1996, avec d'autres musiciens touaregs tel que le célèbre groupe agadezien Oyiwan, il participe à la bande originale du film Imûhar, une légende, réalisé par Jacques Dubuisson. Il signe pour cela un contrat avec Delabel Editions avec qui il aura des problèmes de droit.
En 2005, sous l'égide de Farid Merabet, impresario des Berurier Noir, des musiciens français, séduits par sa musique et son histoire décident de partir à sa rencontre au Sahara. Il s'agit de Daniel Jamet de la Mano Negra, de Guizmo et Manu Eveno, musiciens de Tryo et d' Amazigh Kateb leader de Gnawa Diffusion. Les rejoindront Imhotep du groupe IAM et de Sally Nyolo.
Ils vont ensemble former le collectif Desert Rebel, donner de nombreux concerts et sortir en 2006, un album labellisé "Culture équitable".
Une autre de ses compositions, extraite de l'album desert Rebel volume 2, Alhal Wada Han Ayitma
Un film retraçant l'histoire d'Abdallah et des ishumars a été réalisé par François Bergeron. Il est intitulé Ishumars, les rockeurs oubliés du désert et est disponible en DVD sur le site de Desert Rebel.
Et voici la bande annonce de ce film !
Liens et sources
http://www.desertrebel.com/ http://www.agadez-niger.com/page-abdallah-oumbadougou.html http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdallah_ag_Oumbadougou |
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Posted:
09/12/2008 10:32:31
Abdallah Ag Oumbadougou -->
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Merci Metro pour ce quasi-reportage très soigné qui rappelle, une fois de plus, que les gens qui ne reconnaissent pas la propriété terrienne comme socle incontournable de la société sont systématiquement mis hors-la-loi. Les indiens d'Amérique du nord (et du sud également) en ont fait l'amère expérience. Il est peu probable qu'un terrain d'entente émergera un jour de ces conceptions de société radicalement opposées. Reste que cette musique recèle un charme évident qui ne peut laisser indifférent.
Last edited by robert45 on 09/12/2008 16:49:38; edited 1 time in total |
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Posted:
09/12/2008 12:11:02
Abdallah Ag Oumbadougou -->
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Belle présentation ! On aurait aimé un petit commentaire personnel : ce que tu as aimé, apprécié, écouté. Puisque c'est toi qui a choisi de faire cette publication. Merci pour cette belle initiative !  |
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Posted:
09/12/2008 14:36:47
Abdallah Ag Oumbadougou -->
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Membre amical
Joined: 03 Oct 2007
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Merci a vous deux !
Il s'agit en effet de deux conceptions de l'organisation sociale radicalement différentes que notre mode de développement ne tend pas a concilier. Devant les pressions croissantes des gouvernements et parce que les valeurs de la vie nomade ne sont plus en adéquation avec notre mode de vie, rendant par la même toute cohabitation quasi impossible, nombre de touaregs choisissent la sédentarisation. Mais les conditions même de cette sédentarisation, proposées par les gouvernements des pays concernés, sont la plupart du temps très mauvaises. Renoncer à une vie nomade et perdre du même coup toutes les valeurs qui l'accompagne doit être extrêmement difficile a vivre.
J'ai découvert ce musicien en écoutant le très bon CD "Desert Blues" Volume 3, entre dunes et savanes, qui incluait d'ailleurs d'autres très bons artistes assez peu connus que je présenterais volontiers ! Les deux titres de la présentation comptent parmi mes préférés, surtout le premier ! |
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Posted:
09/12/2008 18:27:34
Abdallah Ag Oumbadougou -->
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Il n'y a pas de quoi, merci surtout à toi pour ce sujet inédit et très intéressant. Cette culture a beaucoup d'intérêt aussi pour ses valeurs (on connaît son grand sens de l'hospitalité, sa propension à la poésie, etc.). Belle intervention de Robert également avec l'analogie concernant les indiens d'Amérique.  |
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Posted:
09/12/2008 19:22:57
Abdallah Ag Oumbadougou -->
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Membre amical
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C'est vrai ! A ce propos, De très beaux documentaires ont été diffusés récemment concernant différents aspects de la vie nomade touareg.

Il y a aussi le très beau livre de Le Clézio, "Désert", emplit de cette poésie que tu évoques.

Le livre "Poésies et chants touaregs de l'Ayr" donne au lecteur la possibilité de s'immerger dans la culture touareg. C'est un très beau voyage ! |
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