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| < Le jour où la Terre s'arrêta & Bernard Hermann |
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Posted:
14/12/2008 17:43:48
Le jour où la Terre s'arrêta & Bernard Hermann -->
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| Kharisma wrote: | ... On en arrive à penser que les films des années 50 et 60 étaient bien plus intelligents (pour certains) et visionnaires que ceux d'aujourd'hui. Dans de telles conditions, il vaut mieux encore restaurer les vieux films et écouter les belles B.O.  |
Les "remakes" sont rarement bien perçus ne serait-ce que parce qu'ils sont appréciés par rapport à la "version originale" et non dans l'absolu. Pour autant, il est regrettable de constater que certains réalisateurs considèrent que les effets spéciaux les exonèrent d'un scenario digne de ce nom. Cependant, je pense depuis longtemps que le film est une denrée périssable qui supporte mal l'usure du temps. Ainsi, je préfère de loin le cinéma d'aujourd'hui à celui des années 70 dont le rythme était terriblement lent (et ennuyeux). Ne pas oublier également que les techniques de l'image et, surtout, du son ont fait des progrès considérables ces dernières années. Ce qui n'empêche pas la nostalgie de temps à autre. Et de constater enfin que les scénarios indigents transcendent l'histoire du cinéma... |
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Posted:
15/12/2008 12:47:22
Le jour où la Terre s'arrêta & Bernard Hermann -->
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Je partage ces remarques pleines de bon sens, cependant, au sujet du film considéré comme "denrée périssable qui supporte mal l'usure du temps", c'est une vérité sur le plan du support (il faut les restaurer, bien que les galettes DVD vieillissent moins rapidement), c'est plus discutable au niveau du contenu lui-même quand on voit à quel point les grands cycles de rétrospective attirent toujours leurs inconditionnels cinéphiles. Par exemple, le noir et blanc n'est jamais aussi beau qualitativement qu'à l'époque des films argentiques. Le numérique n'a plus le grain, la beauté des contrastes, l'intensité du noir et la lumière de ces blancs. Artificiellement recrées, on pourrait établir le même fossé qu'entre du mp3 et un son riche en harmoniques "pleines".
Toutefois, il est un support qui vieillit peut-être encore mieux sur le fond, c'est l'écrit qui par définition laisse libre les représentations visuelles et toutes les considérations technico-formelles. D'où le fait qu'il puisse exister de nombreuses adaptations avec des visions personnelles.
Quant au rythme, j'avoue que la version d'origine du film convient mieux au rapport progressif père-fils qu'entretient Klatoo de façon sublimée avec l'enfant, qu'il s'adapte également très bien à la réflexion qui montre finalement un niveau de maturité (la maîtrise du nucléaire et de la violence dans le cosmos) contre un niveau de prise de conscience très problématique dû aux tensions entre les armées et les élites intellectuelles, ce qui n'est pas sans rejoindre certaines réflexions d'Einstein dans Comment je vois le monde. Or, ce rythme effréné du remake gomme absolument et l'un et l'autre. L'enfant est retranché dans sa perte du père, son deuil indépassable, inaccessible aux autres, et le message n'a plus rien d'un dialogue de concertation entre les deux instances (terrestre et extra-terrestre), c'est à dire d'une prise de réflexion, et entretient plus de rapport avec des coups de semonce... Le premier scénario, dans son rythme lent et progressif était adulte. Le remake, dans son rythme survolté, tombe dans l'enfantillage et le caprice (Klatoo change d'idée - la destruction du monde - sur un coup de tête). Ainsi le rythme lent laisse la possibilité d'un temps psychologique qui peut être mis à profit dans les thématiques plus ou moins philosophiques. Le rythme nerveux s'adresse plus aux tripes, aux émotions vives, qu'à la sagesse ou à la raison. Et c'est pourquoi ce remake manque son but : il a été "traité à la Matrix" comme une course contre la montre...
De même, musicalement, on peut apprécier les divers rythmes et "le sens du rubato" qui, bien maîtrisé, donne encore plus de profondeur aux choses...
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Posted:
15/12/2008 17:44:05
Le jour où la Terre s'arrêta & Bernard Hermann -->
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Tu mets le doigt sur la primauté du scénario et des dialogues dans le cinéma et je ne peux que te rejoindre. Difficile d'imaginer en effet qu'un remake puisse tenir la route en faisant fi de ces deux paramètres déterminants. Quand je parle de "denrée périssable qui supporte mal l'usure du temps", je fais allusion aux objets et décors "datés" (les bagnoles par exemple), à la technique d'expression des acteurs (notamment le ton déclamatoire hérité du théâtre dans les premières années du cinéma.) Bref de toutes choses qui me semblent constituer un décalage insupportable dès lors que l'on n'est pas dans le docu-fiction ou la reconstitution historique. Ceci étant, le noir et blanc ne me pose aucun problème ne serait-ce parce que j'ai commencé à fréquenter les cinémas à partir de 1957-58. Je trouve même que cette technique photographique a toujours sa place aujourd'hui. C'est pourquoi d'ailleurs j'ai du mal à comprendre cette fascination relativement récente pour la colorisation... En ce qui concerne l'écrit, nous sommes, comme tu le soulignes, sur un terrain différent car il échappe à ce que l'on appelle maintenant la "dictature de l'image". Et la technique du récit change fort peu lorsque l'on y songe. |
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Posted:
15/12/2008 17:44:05
Publicite Xooit -->
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Posted:
15/12/2008 17:57:15
Le jour où la Terre s'arrêta & Bernard Hermann -->
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Tes réflexions me font penser à un film de Woody Allen qui joue sur ces standards très stéréotypés dans son film relativement méconnu Zelig. Un régal dans le genre !
Il s'agit d'une fiction sur le mode documentariste. Étrangement, assez peu de films ont eu recours à de tels procédés. Et le scénario est hilarant, ce qui ne gâche rien... sur une idée chère à la science-fiction, la métamorphose (Zelig est un "métamorph") !


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