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| < 3000 ans d'art kanak aujourd'hui |
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19/01/2008 11:30:11
3000 ans d'art kanak aujourd'hui -->
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3000 ans d'art kanak aujourd'hui

Ce titre peut surprendre. Il répond cependant à une réalité temporelle. Les premiers Austronesiens, ancêtres des Kanaks, qui peuplèrent l'archipel néo-calédonien apportèrent avec eux une une technologie artistique sophistiquée en matière de poterie. On a pu en admirer en 1999 au Musée, à Nouméa, les plus beaux vestiges retrouvés lors des fouilles effectuées sur la presqu'île de Foué, près de Koné. Puis l'art de la poterie Lapita s'éteignit pour laisser place à des ustensiles plus utilitaires. Quand les premiers navigateurs occidentaux accostèrent, quelques dix-huit siècles après le règne Lapita, ils découvrirent un peuple entouré de ce qu'ils taxèrent rapidement d'idoles païens pour mieux installer la civilisation et son corollaire, la religion. Comme un peu partout en Océanie, on convainquit ces autochtones de se détourner de ces images, voire de les brûler. Puis la colonisation prit le relais et l'on ne vit plus d'art kanak au grand jour. Une partie de ce patrimoine fut ramenée par des collectionneurs et les amateurs de souvenirs en Europe pour venir enrichir les collections privées et celles des grands musées. Ce qui subsista resta au secret dans les chefferies et au profond des lieux tabous. On cru alors que l'on ne parlerait plus jamais de l'art Kanak qu'au passé. Qu'il faudrait se transporter dans les musées pour en admirer, à Nouméa, les preuves attestées. Car l'on nia longtemps l'existence de cet art et de la culture qui l'avait engendré.
Avec Mélanesia 2000, Jean-Marie Tjibaou remit l'histoire à l'heure et donna le signal de la réappropriation identitaire et culturelle kanak. On prononça à nouveau les termes de aé aé, de pilou, autrement qu'au passé. Au travers d'une période douloureuse, la résurgence artistique et culturelle fit son chemin, et en 1986 eut lieu la première exposition d'oeuvres contemporaines kanak, organisée par l'office culturel, scientifique et technique canaque. L'on dénombrait alors une trentaine de sculteurs. Dès lors un mouvement irréversible était en marche. L'exposition internationale De jade et de nacre, organisée sous l'égide de la Réunion des musées nationaux, donna aux vieux sages l'occasion d'évoquer le rôle d'ambassadeur des objets d'arts kanak dispersés dans le monde. L'on en trouve aujourd'hui un prolongement dans la case Bwénaado du centre culturel Tjibaou. En 1990, quelques femmes artistes constituèrent l'association Djinu Owa, ouvrant la voie à toute une génération de créateurs que l'on retrouva la même année dans l'exposition de sculptures contemporaines Ko Néva.
En l'espace de quatres, le nombre de sculteurs recensés avait doublé. L'année suivante, pour la première fois, un artiste kanak, une femme en l'occurence, fut invitée à exposer ses oeuvres à l'interieur.
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19/01/2008 11:39:31
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La confiance était revenue, il fallait la conforter en l'inscrivant dans son contexte culturel de toujours, la Mélanésie, et, au-delà, l'Océanie. C'est en ce sens que fut créé le Fonds d'art contemporain kanak et océanien, présidé par Marie-Claude Tjibaou, dont les acquisitions forment l'actuelle collection d'art contemporain du Centre Tjibaou et font l'objet d'expositions régulièrement renouvelées. En parrallèle, le département d'art contemporain du Centre organise des expositions ponctuelles, souvent placées sous le signe de la découverte, comme denièrement avec les jeunes peintres papous, et de léchange entre artistes océaniens, comme avec Plein Art en 2001 de Renaissance en 2002.
Pendant ce temps, l'école d'art à Nouméa décèle, forme et aguerrit les talents de demain. La Biennale d'art contemporain de Nouméa s'affirme d'édition en édition comme un rendez-vous artistique qui permet d'apprécier l'évolution constante du niveau artistique calédonien, toutes ethnies confondues. E puis, dix ans après la première édition, Ko Névâ 2000 a permis de prendre la pleine mesure de l'actuelle maturité des artistes kanak et d'assister à l'éclosion de talents réels, hier encore inconnus. Sans trop s'avancer, l'on peut estimer aujourd'hui le nombre de sculteurs à près de 400. Tous ne se montrent pas encore au grand jour. Cela viendra. Sur le nombre, plusieurs ont, comme Ita Waia, lauréat du prix Ko Névâ doté par la Caisse d'épargne, franchit un pas décisif en s'exprimant au moyen d'un language artistique nouveau et cependant en résonnance intime et profonde avec l'esprit qui guidait le geste créateur de leurs ancêtres. Et même s'il reste du chemin à parcourir pour que l'on puisse l'identifier d'emblée comme tel sous n'importe quelle latitude, l'on peut désormais parler d'art contemporain kanak sans jouer sur les mots, tout simplement parce que cet art, aujourd'hui, existe bel et bien et qu'il n'a pas fini de nous surprendre. Il reste aussi du chemin à parcourir pour que l'on reconnaisse aux artistes, du moins ceux qui accepteront les aléas de cette conditions, par principe hors des conventions, et heureusement, un rôle effectif, un statut, et qu'ils disposent de conditions matérielles décentes qui leur permettent de créer, l'esprit dégagé du minimum vital. Ils sont encore fort peu nombreux dans ce cas. La balle n'est pas uniquement, comme on se laisse trop facilement aller à le penser, dans le camp des institutions et des pouvoirs publics. Elle est d'abord, et c'est ce qu'avaient compris les artistes pionniers des années 90, du ressort des artistes eux-même, de leur volonté à faire reconnaître leur talent à sa juste valeur, de leur capacité à ne pas céder à la facilité d'oeuvres bâclées puis bradées jusque dans les curios, entre deux copies de flèche faîtière made in Taïwan, ou autres lieux de production touristique à la chaîne.
C'est à ce prix là que se mettra naturellement en place, tôt ou tard, un marché de l'art sur lequel, comme d'autres peuples voisins, ils trouveront enfin la place qui leur revient en échange de la richesse culturelle qu'ils nous apportent.
D'après le texte original de Mwà Véé, paru dans Challenge Magazine en Juillet 2002.
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19/01/2008 12:03:07
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Arts premiers
Scultures kanak

Sculpture (Elément d'architecture) Dimensions : 1,01 m de hauteur Date : XVIIIème siècle
 Sculpture (Chambranle de grande maison cérémonielle) Dimensions : 1,83 m de hauteur Date : vers XVIIème siècle
 Sculpture (Elément d'architecture) Dimensions : 2,28 m de hauteur Date : XVème siècle
Pour d'autres photos, retrouvez le site : http://www.insecula.com/ |
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19/01/2008 12:09:46
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Mwa Vée La révolution de l'art contemporain Kanak et Océanien

Extrait de l’Éditorial
"Pourquoi l’art ancien des cultures dites traditionnelles, comme la culture kanak, est-il si prisé alors que l’art contemporain de ces mêmes cultures est si peu considéré ? Parce qu’il ne serait plus un art authentique ? Au prétexte que cet art actuel ne constituerait qu’un pâle artefact de celui qui l’a précédé durant des millénaires ? En quoi cet art contemporain-là aurait-il moins d’intérêt et de valeur que celui qui est produit par les artistes des sociétés dites modernes ? Ne serait-ce pas plutôt une forme de nostalgie exotique qui pousserait ainsi à refuser à ces sociétés traditionnelles le droit vital à s’exprimer artistiquement dans un langage d’aujourd’hui, que l’on s’octroie sans complexe au sein des sociétés dites modernes ? (…) Dans ce dossier, des spécialistes de l’art contemporain, comme Valérie Morignat ou Henri Gama, et les artistes eux-mêmes évoquent mieux que nous ces questionnements et cette détermination qui les habitent à ne pas laisser l’art actuel produit par les sociétés dites traditionnelles se mesurer à l’aune de l’exotisme ou de la valeur muséographique, mais à celle de son apport véritable à notre compréhension du monde."
Mwà Véé
« Les choses bougent. Le centre Tjibaou joue, avec le FACKO et « Ko Névâ », un rôle important dans la production et la préservation de l’art kanak d’aujourd’hui ainsi que dans sa reconnaissance et sa promotion (…) On a vécu une cassure lorsque notre art traditionnel a été condamné par la religion, interdit et brûlé en tant qu’élément diabolique, symbole de paganisme et de sorcellerie. Puis, petit à petit, l’envie de renouer avec nos formes d’expression traditionnelles, la sculpture, les chants, la danse, la musique, a repris le dessus sur cette période d’obscurantisme qui nous avait niés et condamnés au silence. Cela montre bien qu’on ne peut pas éternellement bâillonner un peuple. » (…)
Ito Waia
Sculpteur, plasticien, originaire de Nécé (Maré), Ito Waia vit à la tribu d’Azareu (Bourail). Il a participé dernièrement à l’exposition collective « L’invitation au voyage. Les artistes pérégrins », organisée par l’association ArtSénat à Paris. |
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19/01/2008 12:09:46
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19/01/2008 12:13:14
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L’eau, c’est la vie ! œuvre réalisée dans le cadre du cycle « Eléments » par Steeve Thomo
« Je m’inscris dans un mouvement né bien avant moi. C’est pourquoi, dans mes créations, j’intègre toujours mes racines et des éléments du passé. Sculpter, c’est une façon d’écrire, je trouve. Nos sculptures sont comme des livres et nos vieux en ont écrit beaucoup. Maintenant, c’est à nous de continuer.
(…) Si l’on veut vivre de son art, il faut travailler et cela commence, à mon sens, par la connaissance de notre culture, de nos traditions, de notre art. Nos sculptures, comme les chambranles et les flèches faîtières réalisés par nos vieux, ne sont pas des éléments décoratifs ou purement artistiques. Ce sont avant tout des témoins de notre histoire, de l’histoire des clans. On peut innover, bien sûr, comme nous le faisons aujourd’hui, mais on ne peut pas faire n’importe quoi dans ce domaine.»
Steeve Thomo
Steeve Thomo : Sculpteur, originaire de Thio. Lauréat de la première bourse d’art contemporain kanak Jean-Marie Tjibaou.
La bourse d’art contemporain kanak Jean-Marie Tjibaou Créée en 2004 dans le cadre des programmes d’accompagnement et de promotion des artistes kanak, elle a pour but d’aider le lauréat à s’insérer dans le milieu artistique local et régional et de le sensibiliser au fonctionnement des réseaux artistiques internationaux.
Le cycle « Éléments » 17 artistes kanak, océaniens et internationaux ont participé aux quatre résidences suivies d’expositions sur les thèmes de la terre, de l’eau et du feu. Plus de cinquante œuvres sont nées de ce projet original dont certaines sont venues enrichir le Fonds d’Art Contemporain Kanak et Océanien.
Si vous êtes interessez, faites donc un tour sur le site officiel du centre Tjibaou : http://www.adck.nc/html_fr/accueil.php
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