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10/03/2007 03:33:35
La Synesthésie -->
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LA SYNESTHÉSIE
Est-ce que vous voyez des couleurs quand vous écoutez de la musique ? Est-ce que ce que vous touchez a un goût ? Est-ce que les sons ont une odeur ? Est-ce que les lettres, les chiffres, les jours de la semaine ont des couleurs différentes ? Est-ce que de telles suites numériques sont organisées dans l'espace ? Est-ce que certaines sensations non visuelles, voire des émotions, ont des couleurs, des formes ?
Quelques synesthètes célèbres :
En Musique :
Amy Beach, Pianiste et compositeur américaine. Tonalités musicales → couleur. Duke Ellington, Compositeur et pianiste. Timbre → couleur. Hélène Grimaud, pianiste. Musique → couleur. György Ligeti, compositeur. Grapheme → couleur. Franz Liszt, compositeur. Musique → couleur. Olivier Messiaen, compositeur et organiste. Accords → couleur. Nikolaï Rimski-Korsakov, compositeur. Tonalités musicales → couleur. Jean Sibelius, compositeur. Son → couleur. Michael Torke, compositeur. Synesthésies multiples Alexandre Scriabine, compositeur. Son → couleur.
En Peinture :
Kandinsky Synesthésies multiples David Hockney, artiste. Musique → couleur.
En Littérature :
Baudelaire : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent dans une ténébreuse et profonde unité ». Vladimir Nabokov, auteur. Graphème → couleur. Rimbaud : « Une matinée couverte, en juillet. Un goût de cendres vole dans l’air ; — une odeur de bois suant dans l’âtre — les fleurs rouies, — le saccage des promenades, — la bruine des canaux par les champs, — pourquoi pas déjà les joujoux et l’encens ? » (Illuminations, Phrases).
Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes : A, noir corset velu des mouches éclatantes Qui bombinent autour des puanteurs cruelles, Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes, Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ; I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles Dans la colère ou les ivresses pénitentes ; U, cycles, vibrement divins des mers virides, Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ; O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, Silences traversés des Mondes et des Anges : - O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
En science :
Richard Feynman, physicien. Graphemes → couleur.
Ce mot issu du grec « sunaisthêsis » qui signifie « perception simultanée » ('syn' = avec, ensemble, et 'aesthêsis' = les sensations, les sens).
Cette particularité a été définie pour la première fois par John Locke, philosophe anglais en 1690; Ensuite il est mentionné dans un ouvrage français par un original qui s'appelle CASTEL, en 1725, qu'un ophtamologue anglias Thomas Woolhouse décrit un homme aveugle qui lorsqu'il perçoit des sons, il voit des couleurs. Le mot synesthésie provient probablement de la littérature anglaise; Le trouble est présenté scientifiquement par l'américain Edward Holden, astronome américain dans la revue Sciences en 1885. Mais il semble que la paternité peut être attribuée à Eugen Bleuler (1880) et Francis Galton (1880). Cette singularité considérée comme un trouble devient connue de quelques psychologues, comme Alfred Binet, Henri Beaunis, ou du psychiatre suisse Théodore Flournoy, pour la langue française.
La synesthésie est un mode de perception selon lequel, chez certains individus, des sensations correspondant à un sens évoquent spontanément des sensations liées à un autre sens.
Le cas le plus fréquent est la synopsie (perception d'un son qui produit chez un individu des phénomènes de vision colorée). Par exemple, des notes de musique, des lettres et des chiffres peuvent entraîner la perception de couleurs, ou encore des goûts peuvent être associés à des formes tactiles. D'autres rapportent que les jours de la semaine ou les nombres ont des positions spatiales particulières. En fait, presque toutes les modalités peuvent être impliquées dans la synesthésie. La synesthésie est toujours additive, elle rajoute une expérience perceptive au lieu de la remplacer. Elle est personnelle : chacun a sa propre perception.
II existe 3 catégories de synesthésie :
La Synesthésie Bimodale :
C'est le croisement de deux sens. On a cinq sens (visuel, auditif, tactile, gustatif et olfactif), il y a alors au minimum 10 paires de sens possibles. Normalement les perceptions sont unidirectionnelles, c'est-à-dire que, par exemple, la musique évoque des couleurs, mais les couleurs n'évoquent pas de sensation auditive. I) y a alors 20 combinaisons possibles. II existe en outre à ces combinaisons de base des associations plus étonnantes impliquant par exemple la température, la douleur etc.
La Synesthésie Multimodale :
C'est le croisement de 3 ou plusieurs sens. Par exemple: la musique évoque des couleurs et des formes. ->Synesthésie bidirectionnelle: la musique évoque des couleurs et les couleurs évoquent de la musique. Ces types de synesthésie sont beaucoup plus rares.
La Synesthésie Catégorielle ou Cognitive :
Ce n'est pas le croisement de plusieurs sens proprement dit mais l'association du sens secondaire, le plus souvent la couleur ou la forme, avec un système de catégorisation culturelle (nombre, unités de temps. noms, etc). L'alphabet coloré est la forme de synesthésie la plus fréquente.
Quelques citations de synesthètes :
"Les formes que je vois sont intérieures, comme sur un écran mental, et se dessinent au fur et à mesure que j'entends la musique. Selon les instruments, les couleurs changent, et selon la mélodie (un violon est plutôt orangé, mais s'il est mélangé avec un autre instrument, il peut devenir vert ou bleu...), c'est comme si je regardais un film intérieur, il y a des courbes quand la mélodie est douce ou "féminine", et les formes sont plus rigides, plus droites, plus franches quand la mélodie est plus masculine.
Pour l'instant je n'ai pas vu de formes super géométriques et rigides, c'est plutôt très harmonieux et dans les formes se dessinent des "sous-formes" selon le rythme (je m'aperçois en écrivant que ce n'est pas simple du tout à expliquer !) La musique est souvent un savant échange de formes entre le masculin et le féminin... (masculin couleurs foncées ou très vives, féminin couleurs douces et claires). (...)
"Le beau danube bleu" est blanc et marron, c'est en effet les couleurs que je ressens tout le long de la musique, même s'il y a des nuances dans le marron jusqu'au doré parfois (en passant par l'orangé, violon oblige). J'associe le marron à une certaine nostalgie, le blanc à la pureté, au rêve et à la légèreté d'une valse. Donc quand la musique commence, je vois ces deux teintes et elles restent bien marron (en dégradé) et blanc.
"La première chose qui me frappe, c’est la couleur de la voix de quelqu’un. Mon monde est coloré. Les lettres et les nombres possèdent une dimension de plus par rapport à une perception auditive normale: ils ont des couleurs. Le A et le 4 sont rouges pétillants, le E est jaune citron et le R bleu noir. La surface du I est lisse et douce tandis que celle du Z est peluchée. En entendant ou en lisant une phrase, je vois les mots colorés déambuler devant moi comme sur un écran. L'année a une forme ovale et lisse et rejoint les semaines et les jours dans une forme spiralée compliquée; chaque mois possède une couleur. Je me souviens de la couleur du nom d'une personne avant de me rappeler comment elle s'appelle: Anna est rouge et vert foncée et son anniversaire est violet blanc, ce qui ne peut être que le premier mai".
"Un soir, man père et moi évoquions la rapidité avec laquelle j'ai appris les lettres de l'alphabet. Toutes sauf une, le R. Je lui expliquais que j'ai eu le déclic le jour où j'ai compris que pour faire un R il suffisait de rajouter une barre au P. Jamais je n'aurais imaginé qu' on puisse transformer une lettre jaune en une lettre orange !"
Quelques références en français :
- Le "SCIENCE & VIE JUNIOR" HORS-SÉRIE n° 62, octobre 2005, p.44-47 (texte: Olivier Voizeux, illustrations: Jean-Sébastien Rossbach et Dominique Galland).
http://www.unicog.org/docs/ScienceEtVieJunior.pdf
- La Synesthésie : "Les Cahiers du MNAM", n° 74, hiver 2000/2001

- Vilayanur Ramachandran, Le cerveau, cet artiste, Paris, Éditions d'Organisation, 2005.
ISBN : 2708133276
LIENS :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Synesthésie
http://web.cast.free.fr/webcast22/webcast22.html
http://www.sdv.fr/pages/adamantine/fantasia.htm
Last edited by Kharisma on 21/09/2009 13:17:15; edited 2 times in total |
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11/03/2007 22:51:45
La Synesthésie -->
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Encore un super art-icle Kharisma !
Pour l'Artiste dans le sens où je l'entends, il est important de pendre en compte la Synesthésie. Ne pas se limiter à la perception d'un de nos sens, mais plusieurs. Au moins. Même si elle ne reste accessible qu'à très peu de personnes, créer des sensations est pour moi quelque chose d'important, et même qui devrait être normal ! cette notion d'art n'aurait sans quoi aucune valeur à mes yeux. Ce serait de l'artisanat. (quoi qu'on pourrait en débattre, car l'artisan s'est retrouvé fréquemment confronté à l'artiste dans ses créations au cours de l'histoire...Se dire artisan, et rester humble ... On en reparlera peut-être dans l'un de ces topics ! )
Malheureusement, les cas originels sont rares... Ressenti direct et intense de ses incroyables sensations.. En plus, ça varie entre les gens... Une même note pourra se percevoir verte ou bleue selon les personnes touchées... La synesthésie est vraiment un domaine extrêmement complexe.
Démonstration de l'authenticité de la synesthésie. -Extrait tiré de wikipedia-
Prouver que quelqu'un est réellement synesthète est aisé. Les tests les plus simples impliquent des tests de consistance sur de longues périodes. Les synesthètes obtiennent habituellement un meilleur résultat sur de tels tests que les non-synesthètes (soit avec des noms de couleurs, des gommettes colorées ou même un sélecteur de couleurs proposant 16,7 millions de choix de couleurs). Les synesthètes peuvent obtenir un taux de consistance aussi élevé que 90 pour cent après une période d'un an, alors que des non synesthètes obtiendront un score de 30/40 pour cent après seulement un mois, même lorsqu' ils sont prévenus qu'ils seraient retestés (par exemple, Baron-Cohen et al. 1996). Des tests plus spécialisés incluent des versions modifiées de l'effet Stroop. Selon le paradigme de Stroop standard, il est plus difficile de nommer la couleur d'encre du mot "rouge" lorsque que celui-ci est imprimé en encre bleue que lorsqu'il est imprimé en encre rouge. De la même façon, si l'on présente à un synesthète graphèmes → couleurs le chiffre 4 imprimé en encre bleue alors que le synesthète le perçoit rouge, celui-ci sera plus lent à identifier la couleur de l'encre. Ceci n'est pas du au fait que le synesthète ne peut pas voir l'encre bleue, mais plutôt parce que la même sorte de conflit responsable pour l'effet Stroop se produit entre la couleur de l'encre et la couleur du graphème automatiquement associée. Des variantes de l'effet Stroop peuvent être conçues ; par exemple, on demande à un synesthète musique → couleurs de nommer la couleur d'une tache rouge alors qu'il est en train d'écouter un son produisant une sensation de bleu (Ward, Tsakanikos & Bray 2006) ou lorsqu'on demande à un synesthète note de musique → goût d'identifier un goût amer alors qu'il est en train d'écouter une note provoquant un goût sucré (Beeli, Esslen & Jäncke 2005).
Enfin, des études réalisées sur des synesthètes graphèmes → couleurs ont démontré que les couleurs synesthétiques peuvent améliorer des performances sur certaines tâches visuelles, ou du moins pour certains synesthètes. Inspirés par des tests sur le daltonisme, Ramachandran et Hubbard (2001) présentèrent des schémas représentant des dizaines de chiffres 5 entre lesquels sont incrustés des chiffres 2 à des synesthètes et non-synesthètes. Ces chiffres 2 peuvent former une de ces 4 formes : carré, losange, rectangle ou triangle. Les couleurs synesthétiques aident les synesthètes à trouver la "figure cachée" : pour un synesthète qui voit les 2 rouges et les 5 verts, le rouge des 2 se détachera du vert des 5. D'autres études ont exploré ces effets avec plus d'attention, et ont montré que : 1. les résultats varient entre synesthètes ["Dixon, Smilek & Merikle 2004; Hubbard et al.2005a"], 2. alors que la synesthésie est présente tôt dans le traitement perceptif, elle n'intervient pas avant l'attention (par exemple, Edquist et al. 2006; Sagiv, Heer & Robertson 2006a).
Je conseille pour les personnes désireuseq de s'intéresser à la synesthésie d'aller sur wikipedia dans un premier temps (Kharisma a donné le lien plus haut), et de lire vraiment les livres cités plus haut dans son post.
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Posted:
11/03/2007 22:51:45
Publicite Xooit -->
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Posted:
12/03/2007 21:00:47
La Synesthésie -->
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Tout à fait, Lacerta. D'ailleurs la problématique artiste/artisan est toujours donnée aux étudiants de philosophie dans leurs cours d'esthétique. Elle remonte à la séparation moyen-âgeuse des "arts libéraux" et des "arts mécaniques" (liés à la main). Puis à la Renaissance, ce fut ensuite la distinction des "arts majeurs" (certains furent alors réhabilités), des "arts mineurs". L'architecture, la sculpture, la peinture et la gravure étaient considérées et répertoriées dans les arts majeurs. Le reste ? De l'artisanat ! Et en 1752, le terme «beaux-arts» (défini par le même genre de distinctions) apparaît pour la première fois...
La musique a un statut un peu à part...
Extraits :
"La musique, de son côté, progressivement dégagée de la parole (le chant s'effaçant devant la musique instrumentale) à partir du XV e siècle, se trouve du même coup en partie privée du message politique ou religieux dont elle était chargée. Liée aux mathématiques et à l'harmonie de l'univers à travers des représentations du monde comme celle de l'humaniste florentin Marsile Ficin, au XV e siècle, elle perd ses prérogatives, tandis que la peinture acquiert son autonomie".
Source : http://www.memo.fr/article.asp?ID=THE_ART_001
"Dans les années 1920, le linguiste Ferdinand Brunot établit, dans son Histoire de la Langue Française, tome VI, Première partie, 2, l'histoire des deux mots artiste et artisan qui, du XVIe au XVIIIe siècle, ont été employés l'un pour l'autre. Il explique cette concurrence par la variété des significations du nom art et les tentatives faites pour les distinguer par la création au XVIIe siècle d'Académies (de peinture, de danse, de sculpture, d'architecture) où étaient enseignés des arts que l'on a nommés beaux-arts afin de ne plus les confondre avec des métiers moins prestigieux (horlogers, marbriers, etc.)".
Source : http://perso.orange.fr/marincazaou/esthetique/fig7/FigArts7.html
Une référence :
Figures de l'Art n° 7
PUBLICATIONS DE L'UNIVERSITE DE PAU BU Sciences Avenue de l'Université, 64000 Pau Publié avec le concours du Centre National du Livre ISBN 2-908930-87-0

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