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Posted:
10/03/2007 03:29:07
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L'ART TOTAL

Auteur : Marcella LISTA (historienne de l'art) Editions: Comité des travaux historiques et scientifiques - CTHS, 2006 Collection : L'art & l'essai 354 pages ISBN : 2735505456
http://www.cths.fr/FICHES/Fiches_Edition/TABLEMAT/T_541.pdf
Voici un livre extraordinairement bien écrit et bien documenté ! Belle mise en page, ouvrage agréable, un vrai bonheur !
Présentation de l'éditeur :
Le concept d'œuvre d'art totale, issu du romantisme allemand et défini par Wagner au milieu du XIXe siècle, constitue un point d'ancrage fondamental permettant de comprendre l'origine des avant-gardes à la fois dans leur conception, leur action et leur représentation. L'œuvre d'art totale, ou Gesamtkunstwerk, est animée par une volonté totalisante qui se réalise à travers l'union des arts dans le désir de refléter l'unité de la vie. Entre 1908 et 1914, ce concept se trouve au croisement de plusieurs mouvements artistiques que l'on a généralement l'habitude d'envisager dans une succession temporelle artificielle et en cloisonnant les disciplines. C'est ainsi que l'auteur revisite les mouvements futuriste et expressionniste, ainsi que la naissance de l'abstraction. Il explique l'aboutissement de cette gestation et son étendue en passant par la musique, le théâtre et le cinéma d'avant-garde. Des artistes tels que Kandinsky, Malévitch, Scriabine, Schönberg ou encore Russolo et Boccioni préparent la voie à la conception de l'art que nous connaissons aujourd'hui, en donnant à la représentation artistique des possibilités jusque-là inédites puisque l'art se réalise en devenant un véritable acte social. Le spectateur ou l'auditeur est associé à cette démarche utopique et vit alors une expérience conçue comme une épreuve initiatique. Cette nouvelle conception de l'art s'accompagne d'une conscience du temps historique qui aboutira aux expériences de l'abstraction cinétique visant la matérialisation du temps par l'espace. Un ouvrage permettant de mieux apprécier le changement radical qui s'opère dans l'art au début du XXe siècle.
Biographie de l'auteur :
Marcella Lista, historienne de l'art, a été notamment co-commissaire de l'exposition Son et lumière : une histoire de l'art du XXe siècle qui s'est déroulée au Centre Georges Pompidou à l'automne 2004. Elle est également l'auteur d'essais sur le concept d'œuvre d'art totale et sur le thème de la synesthésie dans l'art et le cinéma d'avant-garde. Elle est actuellement responsable du programme scientifique de l'auditorium du musée du Louvre. Le présent ouvrage est issu de son travail de recherche réalisé pour sa thèse de doctorat.
Une émission sur FRANCE-CULTURE :
Dont celle diffusée le Lundi 2 juin 2003 :
* De Wagner aux synesthésistes, avec Jean Galard, historien (musée du Louvre) et Marcella Lista (Centre Pompidou)
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_off/chemins/fiche.php?di Liens sur l'art total :
http://www.inha.fr/spip.php?article977
Last edited by Kharisma on 23/03/2007 19:17:30; edited 1 time in total |
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Posted:
11/03/2007 22:27:30
Art total -->
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Administrateur
Joined: 23 Feb 2007
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Localisation: Vers par là
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Super Kharisma !
Je crois que c'est un processus naturel que de vouloir accéder à l'art total. Au debut du XXème siècle beaucoup d'artistes pensent que l'art ne se limite plus à un domaine, mais constitue un tout. Ce tout formera une suite logique, d'où par exemple la nécessité du mouvement abstrait.
Un Art qui se suffit à lui même... Mais quoi ?!
En tant que " chef-d'oeuvre ", déjà, le Gesamtkunstwerk entend échapper par dénomination à la catégorie des créations occasionnelles ou qu'appelle la demande du seul plaisir esthétique.
En tant qu'il postule à la réalisation d'un "art total ", il veut aussi répondre à un besoin d'une oeuvre d'art condensant un univers poétique inédit, incomparable et complet. Cet univers sans égal, comme l'on sait, prendra chez Wagner la forme absolue de la Tétralogie, véritable aventure personnelle et culturelle tenant de la refondation esthétique radicale.
D'ailleur une super référence, à mon sens, avec le génialissime Mista Stockhausen
Düfte-Zeichen est l’un des derniers volets de Licht, composition titanesque et cosmogonique à laquelle Stockhausen travaille depuis 1977 et qu’il vient de créer au festival Musica Strasbourg.
Bâtie sur le concept « d’art total », Düfte Zeichen est un spectacle mystique, riche de son syncrétisme religieux où le rituel et la symbolique sont omniprésents.
Licht, « lumière », symbolise la création et s’accomplit en 7 journées. Sur scène, il y a 7 personnages, 7 podiums, 7 dessins abstraits (des signes) représentant les 7 jours de la semaine. Et l’on sait combien le chiffre 7 est sacré dans la mystique orientale. Ce dont s’inspire son oeuvre tant en allant puiser dans les rites des moines bouddhistes que dans le théâtre Nô et sa gestique.
La voix acoustique soliste, est doublée de sons de synthèses, tapis sonore fluctuant et sinueux où l’orgue intervient en filigrane, nous rappelant le sacré. Le soliste a une gestuelle qui importe : les mains « miment » la hauteur des notes et bougent à leur rythme, ou sont narratives. Aux consoles, Stockhausen se fait le maître de la spatialisation sonore, réussissant même à tromper l’oreille entre les sons réels et synthétiques. Il a signé là une oeuvre éblouissante et profonde.
Le public ne s’y est pas trompé : c’est sous des tonnerres d’applaudissements qu’il a été salué.
Mais ne nous méprenons pas, car si bien des formules d'art technologique adhèrent avec ferveur au dispositif de l'oeuvre d'art totale, d'autres, au contraire, s'en défient, refusant notamment cette grandiloquence qui en constitue la fréquente signature symbolique. Ambiguïté d'une relation à la fois amoureuse et méfiante, où la citation peut se faire polémique et la révérence imparfaite. |
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Posted:
11/03/2007 22:27:30
Publicite Xooit -->
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Posted:
23/03/2007 19:24:01
Art total -->
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C'est amusant : tu prends le contre-pied... Pourquoi pas ? Justement l'ircam a édité un livre qui va dans ce sens là, qui développe cette antithèse :

De la différence des arts Collection Les Cahiers de l'Ircam - Recherche et Musique Textes réunis par Jean Lauxerois et Peter Szendy Éditions L'Harmattan / Ircam - Centre Georges-Pompidou Année d'édition : 1997.1998 352 pages ISBN : 2-7384-6115-8
VERSO :
Différence des arts, et non plus correspondance des arts ? Les catégories grecques de l'harmonie et de l'analogie parviendront jusqu'au Romantisme, via Plotin et la théologie médiévale, sous le nom de correspondance.
Si bien que jusqu'à nous, ce sont l'unité et la synthèse qui forment l'horizon de toute théorie esthétique et pratique artistique - informant aussi bien le Gesamtkunstwerk wagnérien que le projet du Bauhaus, ou encore, plus près de nous, le Centre Georges-Pompidou.
Il s'agirait aujourd'hui de reprendre la question non seulement à partir de la pluralité des arts, mais aussi à partir de leur différence. Pourquoi y a-t-il plusieurs arts et non un seul ? Y a-t-il une unité de l'art qui transcenderait tous les genres ? Si tel n'était pas le cas, y aurait-il encore une unité de chaque art, c'est-à-dire une limite qui le configure et sépare des autres ? |
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