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08/03/2007 16:56:05
La Zoomusicologie -->
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"S'il s'avère que la musique est un phénomène répandu chez plusieurs espèces vivantes en dehors de l'homme, cela remettra forcément en cause la définition de la musique, et plus largement de l'homme et de sa culture, ainsi que l'idée que l'on se fait de l'animal lui-même" (Musique, mythe, nature ou les dauphins d'Arion, p. 61)
"Dans le domaine de la création artistique ou musicale, certains compositeurs, instrumentistes, artistes du son ou improvisateurs, mènent des expérimentations en tout genre, en prenant comme matériau de travail (tels Bernard Fort pour ses "Compositions ornithologiques") ou comme modèle (et Olivier Messiaen a fait des émules) les émissions sonores des animaux. Parfois même l'animal devient partenaire de jeu (citons à ce propos Jim Nollman et ses dialogues guitaristiques avec les cétacés). Leur positionnement est essentiellement un point de vue esthétique à propos des phénomènes acoustiques provoqués par les animaux. Certains s'en tiennent à des considérations strictement morphologiques - la "forme" audible des sons - (tels Francisco Lopez avec "La Selva") d'autres comme François-Bernard Mâche accordent aux animaux une sensibilité esthétique, et revendiquent l'existence d'une discipline, la Zoomusicologie".
Source : http://kalerne.free.fr/textes/yannick/animauxhumains/16troistypesactivites.html
"Les modèles les plus insolites dont François-Bernard Mâche s’est emparé sont certainement les sons bruts enregistrés, qui l’ont fait définir comme chef de file d’une esthétique dite « naturaliste ». Il a en effet souvent intégré des sons élémentaires ou animaux dans une écriture instrumentale, au sein de laquelle ils fusionnent. Cet effacement délibéré des frontières habituelles entre nature et culture apparaît dès 1969 dans des œuvres comme Rituel d’oubli, où les bruits sont méticuleusement transcrits et intégrés sur la partition".
Source : http://www.academie-des-beaux-arts.fr/membres/actuel/musique/mache/fiche.htm
BIOGRAPHIE :
François-Bernard Mâche est né à Clermont-Ferrand en 1935. Il entreprend ses études musicales avec E. Passani et Olivier Messiaen au Conservatoire Supérieur de Paris où il obtient un prix de philosophie de la musique en 1960. De 1958 à 1963, il appartient au Groupe de Recherches Musicales de Pierre Schaeffer dont il est membre fondateur. En 1980, il obtient son doctorat en musicologie. Conjointement à son parcours musical, il est diplômé de l’Ecole Normale en Lettres classiques et diplômé d’Archéologie grecque. Il a reçu de nombreux prix : Biennale de Paris en 1963, Prix Enesco de la Sacem en 1974, Prix Italia en 1977, Prix Chartier en1984, Grand Prix National de la musique en1988. Auteur de nombreux articles théoriques et d’ouvrages tels Musique, Mythe, Nature, François-Bernard Mâche a élaboré une théorie et une méthode personnelle de composition, centrées autour des idées de modèle et d’archétype. Il est directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et en tant que compositeur et professeur, il est invité dans de nombreux pays.
Biographie détaillée : http://www.cdmc.asso.fr/biographies/m_q/mache.htm
CATALOGUE DES OEUVRES :
François-Bernard MACHE a élaboré une théorie et une méthode personnelles de composition, centrées autour des idées de modèle et d'archétype, et les a appliquées dans une part importante de son catalogue, dont nous citons ci-dessous quelques extraits :
- Prélude pour sons enregistrés (Paris 1959), - Safous Mélè, cantate sur des vers de Sappho pour 9 voix de femmes et 9 instruments (Paris 1963), - La peau du silence pour orchestre (Varsovie 1968), - Le son d'une voix pour 15 instruments (Varsovie 1964), - Rituel d'oubli pour 20 instruments et sons enregistrés (Strasbourg 1970), - Répliques pour orchestre et public muni d'appeaux (Royan 1969), - Kemit pour darboukka ou zarb solo (Royan 1973), - Danaé pour 12 voix solistes et 1 percussion (Persépolis 1970), - Korwar pour clavecin moderne (Bourges 1972), - Maraé pour 6 percussions amplifiées et sons enregistrés (Royan 1975), - Da Capo, spectacle musical pour 16 exécutants, décor sonore et sons enregistrés (Avignon 1976), - Kassandra pour 14 instruments et sons enregistrés (Prix Italia 1977), - Octuor op. 35 (Paris 1977), - Andromède pour grand orchestre, 3 pianos et double chœur (Paris 1980), - Sopiana pour flûte, piano et sons enregistrés (Pecs, Hongrie 1980), - Quatre phonographies de l'eau pour sons enregistrés (Villeneuve-les-Avignon 1980), - Nocturne pour piano et sons enregistrés facultatifs (Middelburg 1981), - Tembouctou, spectacle musical (Colmar 1982), - Phénix pour percussion solo (Pékin 1982), - Aulodie pour hautbois ou saxo soprano solo (Amsterdam 1983), - Styx pour 2 pianos à 8 mains (Aix-en-Provence 1984), - Trois chants sacrés pour voix de femme solo (Paris 1984), - Uncas pour 10 instruments et sons enregistrés (Paris 1986), - Eridan pour quatuor à cordes (Paris 1986), - Aliunde pour voix et 3 instruments (Londres 1988), - Khnoum pour 1 échantillonneur et 5 percussions (Strasbourg 1990), - Kengir, 5 chants d'amour sumériens, pour voix de femme et échantillonneur (Paris 1991), - L'estuaire du temps, concerto pour grand orchestre et échantillonneur (Strasbourg 1993), - Planh pour orchestre à cordes (Varsovie 1994), - Braises, concerto pour clavecin am-plifié et orchestre (Paris 1995), - Manuel de résurrection pour mezzo-soprano et 2 échantillonneurs (Paris 1998), - Ugarit pour guitare solo (Paris 1998), - Cassiopée II pour chœur mixte et 2 percussions (Strasbourg 2000), - Les douze lunes du serpent pour 12 percussionnistes et sons enregistrés (Grenoble 2001), - Melanga pour gamelan javanais slendro, voix de femme et échantillonneur (Lyon 2002).
La plupart de ses œuvres ont été interprétées par les plus grands solistes, chefs d'orchestre et formations nationales et internationales. Elles sont éditées principalement chez Durand et Milan Music.
Catalogue plus complet :
http://brahms.ircam.fr/textes/c00001382/index.html
BIBLIOGRAPHIE :

Il a notamment publié "Musique au singulier" aux Editions Odile Jacob, qui a obtenu en 2002, le prix des Muses du meilleur essai.
- MUSIQUE AU SINGULIER Editions Odile Jacob, 2001 310 p. ISBN : 2-7381-1028-2
Au verso :
Qu'y a-t-il de commun entre les musiques de tous les temps et de toutes les cultures ? Peut-on repérer des formes sonores identiques ? Existe-t-il des principes d'organisation similaires ? François-Bernard Mâche reprend ici la question des universaux en musique et montre en quoi le jeu musical est un jeu poétique et naturel, qui s'esquisse déjà dans le monde animal. On comprend mieux dès lors que l'homme puisse éprouver des émotions aussi intenses à l'écoute et au maniement des sons. On comprend mieux, aussi, que la musique puisse être une sorte de lieu-test pour la distinction entre nature et culture.
- UN DEMI-SIÈCLE DE MUSIQUE... ET TOUJOURS CONTEMPORAINE Editions L'Harmattan,2000 434 pages ] ISBN : 2-7384-8776-9
70 articles écrits de 1959 à 1999, composent, ainsi rassemblés, le panorama d'un demi-siècle de création musicale et de ses enjeux, sous la plume d'un auteur très original. On y trouve l'écho de querelles anciennes et modernes, comme celles qui accompagnèrent la naissance des musiques électroniques, ou encore, certaines études devenues des références musicologiques. Par-delà les mutiples explorations de ce recueil, quelques questions dominantes le structurent, lui conférant une unité et une véritable portée universelle.
- UN DEMI-SIÈCLE DE CRÉATION MUSICALE Editions L'Harmattan, 2000 431 pages ISBN : 2-7384-8776-4
"Presque un demi-siècle s'est écoulé depuis que j'ai commencé à composer et, parallèlement, à exercer une réflexion critique sur la création musicale savante. Les articles rassemblés ici, sur l'initiative de J-F.Kremer, en portent un témoignage. Ils avancent des opinions qui ont généralement paru très décalées par rapport aux préoccupations et aux options des "avant-gardes" reconnues, même si beaucoup de ces articles ont été publiés par des revues aussi notoires que la NRF ou Musique en jeu. Toutefois, plusieurs de leurs thèmes récurrents, - en particulier le rapport aux modèles naturels -, ont été peu à peu pris en compte en dehors des milieux officiels, et jusque dans des productions de variété. J'ai donc pu supposer que le panorama du demi-siècle qui s'en dégageait serait aujourd'hui largement lisible, à défaut d'être aisément adopté".
http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=4899
- PORTRAIT(S) DE IANNIS XENAKIS Editions Bnf - Bibliotheque, 2002 Collection : Portrait ISBN : 2717721789
Et sur le marché de l'occasion, on pourra trouver les ouvrages épuisés :
- MUSIQUE, MYTHE, NATURE ou LES DAUPHINS D'ARION Editions Méridiens-Klincksieck, 1983, 1990 Collection : Collection de musicologie ISBN : 2865632822
Dans ce livre, il y a un chapitre consacré à la zoomusicologie qui est fort intéressant. Il développe par exemple le goût du jeu musical commun à l'homme et l'animal.
- ENTRE L'OBSERVATOIRE ET L'ATELIER Editions Kimé, 1998 ISBN : 2841741125
Notes sur cet ouvrage :
http://www.entretemps.asso.fr/Samedis/Mache.Solomos.html
LIVRE/DOCUMENTAIRE :

François-Bernard Mâche, de la musique, des langues et des oiseaux. Réalisation : Cati Couteau Entretiens avec Bruno Serrou. Editions Michel de Maule, en coproduction avec l’INA. Collection « Paroles de musicien ». Paris, 305 pages. 25 euros. ISBN : 9782876231801. Dépôt légal : 2007. DVD Rom de l’intégralité des entretiens ; Durée : 10h53
"Les passionnés de François-Bernard Mâche plongeront à corps perdus dans ce livre à la présentation originale et attractive. Un livre et un DVD de l’intégralité des entretiens avec le compositeur ; voilà la démarche suivie par les éditions Michel de Maule en partenariat avec l’INA depuis 2004.
Le DVD est facile à manipuler (recherches par thèmes, par mots-clefs) et la présentation agréable. Les entretiens filmés et retranscrits littéralement enrichissent d’une certaine manière le livre, dans lequel, bien évidemment, les échanges ont été traduits de façon plus littéraire. Ces différents aspects d’une même réalité permettent à chacun d’appréhender comme il le souhaite ces entretiens.
Ce livre est une bonne initiation pour les néophytes car l’approche du compositeur est progressive ; son enfance, ses études, son métier de compositeur, ses œuvres. Le langage est tout à fait accessible, Bruno Serrou se permettant même à l’occasion de revenir sur des déclarations qui auraient pu sembler obscures de prime abord pour le lecteur, quelques redites auraient cependant pu être évitées.
Les inconditionnels de François-Bernard Mâche pourront, eux aussi, apprécier ce livre qui vient compléter les ouvrages déjà réalisés sur ce dernier ; la multitude de questions posées par Bruno Serrou nous faisant entrer dans le monde mythique et universel du musicien. On y découvre en effet, l’homme autant que le compositeur.
On reste cependant frustré de ne pas rentrer plus dans les œuvres, qu’il n’y ait pas une démarche un peu plus analytique, tout en restant accessible, ce qui aurait pu rendre un peu plus concrètes certaines paroles. Mais cela n’était peut-être pas non plus le but recherché par Bruno Serrou car il est certain qu’il existe déjà nombre d’ouvrages et articles musicologiques sur le compositeur.
Ce livre permet réellement une autre approche où amateurs, passionnés et curieux pourront s’y retrouver et prendre plaisir à découvrir ce compositeur érudit et atypique. Ces entretiens sont incontestablement l’occasion pour ceux qui ne le connaissent pas encore de rencontrer la personnalité hors du commun de François-Bernard Mâche".
(Auteur de cet article : Sarah Cousin)
C'est chez lui à Paris, dans son studio d'enregistrement, qu'a été réalisé cet entretien, où il évoque son enfance, ses études, sa carrière, son double parcours et nous fait part de ses réflexions de théoricien et de compositeur.
Liens intéressants :
http://www.entretemps.asso.fr/Nicolas/TextesNic/Mache.html
http://www.canalacademie.com/Francois-Bernard-Mache-et-la.html
Un texte sur "L’homme qui écoute la musique animale" :
http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=611
CONTACT :
Courriel : fbmache@noos. fr |
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Posted:
11/03/2007 22:57:34
La Zoomusicologie -->
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Administrateur
Joined: 23 Feb 2007
Posts: 669
Localisation: Vers par là
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Ce que j'aime bien chez toi, Kharisma, c'est bien ton ouverture sur n'importe quel domaine, mais aussi le fait que tu fasses apprécier aux autres ces domaines (aussi incongrus qu'ils soient !) par le biais de tes connaissances ! Je ne m'intéresse pas encore à la zoomusicologie, mais puré ! C'est super passionnant !
Thanks !  |
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11/03/2007 22:57:34
Publicite Xooit -->
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12/03/2007 04:36:02
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Oui, c'est très juste, ce que tu dis. En fait, il se cache une philosophie derrière tout ceci. Je pense que toutes ces musiques singulières modifient notre perception des choses. Les gens sont souvent dogmatiques et intolérants. En s'efforçant de s'ouvrir et même d'apprécier des façons très singulières de percevoir la musique ou la combinaison des sons en général, on devient plus souple, plus libre et plus tolérant.
Que serait la musique sur une autre planète, dans une autre civilisation ? Notre musique reflète-t-elle "la pensée humaine" ou capte-t-elle vraiment l'universel ? Les astres et leurs ondes émises : est-ce de la musique ? La musique est-elle limitée à ce que nos sens (notre ouïe) perçoivent ? Nous ne percevons pas les infrarouges et les ultraviolets. Nous n'entendons pas les infrasons et les ultrasons... La musique a donc une étendue plus large que l'oreille humaine. Tout comme les couleurs ont un spectre plus large que ce que l'oeil humain perçoit. Mais ce n'est pas tout : en ralentissant des enregistrements de chants d'oiseaux, on s'est même aperçu que l'oreille humaine n'entendait pas des rythmes qui sont trop rapides pour nous. Nous sommes aussi limités par "une vitesse d'appréhension des choses".
Que fait un artiste, digne de ce nom ? Il repousse nos limites en tant que visionnaire.
Nous sommes conditionnés sans même nous en rendre compte. Les artistes font donc oeuvre de déconditionnement.
Donc percevoir différemment les chants, les sons des animaux, c'est aussi se déconditionner. Etudier l'éthologie animale, c'est se déconditionner. Nous avons été tellement habitués à apprendre que les animaux n'étaient que des machines-réflexes... Combien de gens les écoutent vraiment ? au sens propre ?
Certes, on peut aussi tomber dans un nouveau conditionnement, mais au moins, on peut s'élever de degré en degré. Et personnellement, je considère toutes ces aventures musicales, sonores, comme cette évolution en paliers.
Celui qui aime vraiment la musique dans son universalité ne peut plus être raciste ! Car chaque peuple a sa beauté, et la musique véhicule cette âme sensible. Il en va de même avec l'animal, si nous apprenons à mieux l'apprécier, nous pourrions devenir moins sauvages en ne le traitant plus comme une machine biologique ou un mets alimentaire mobile...
Participer à l'esprit de tolérance, à l'éveil spirituel des gens, par une quête artistique, musicale notamment : c'est beau ! Cela donne du sens à l'existence aussi...
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